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The Green Knight : qu’on lui coupe la tête

Tel le cadeau de Noël que l’on attend depuis des mois et que l’on reçoit en retard, The Green Knight débarque sur Prime Vidéo ce 03 janvier 2022.

Sire Gauvain et le Chevalier Vert. Poème-roman chevaleresque arthurien aux 2 000 vers, raconté non pas par Pearl Poet, mais bien par David Lowery. Après le succès critique et mérité de A Ghost Story, le réalisateur américain emboîte le pas d’un cinéma fantasmagorique porté par ses lubies. 

The Green Knight, David Lowery (2021)

L’auteur du très prochain Peter Pan and Wendy dévoile le voyage initiatique de Sire Gauvain. A l’occasion de Noël, le jeune homme qui n’a jusque-là rien vécu, doit retrouver le chevalier vert. Cette quête héroïque devient un voyage jonché de songes, d’un homme soucieux de son honneur, et de ce qu’il laisse derrière lui. Une traversée intime où Dev Patel (qui incarne Gauvain), perdu, sillonne les terres et le temps. 

“Do you believe in magic ?”

Au détour de ces imposants paysages irlandais où le long métrage a été tourné, le périple inexorablement long de la légende arthurienne peine à se sortir de son rythme apathique installé dès l’entame du générique d’ouverture. L’écorce du Green Knight se délite à travers les saisons, autant que Gauvain s’efface au cœur des terres vertes du comté de Wicklow.

“Do you believe in magic ?” demande Essel, interprétée par la talentueuse Alicia Vikander, à Gauvain. Malgré les incantations et divinités occultes, le film recèle d’une magie qui ne prend pas. L’attente d’une envolée lyrique du récit se transforme en lassitude, voyant Gauvain marcher vers un sort funeste, où les symboliques se perdent dans notre esprit. Ainsi, la propension à faire durer les scènes peut embêter plus qu’elles ne passionnent, et n’interrogent plus qu’elles ne séduisent. 

Le marbre de la forêt

Il est difficile d’assommer David Lowery de critiques tant son film reste d’une beauté divine et à la lumière terne bien choisie (qui bénéficie d’un dernier éclat à la toute fin). Le remercier ne serait pas bête non plus, car il insuffle assez d’intérêt au spectateur pour au moins s’intéresser au roman.

Mais face à The Green Knight, et après notre séance canapé télé, l’expérience déçoit. Rester de marbre face à l’étrangeté d’un mythe atone, plutôt qu’à jubiler d’une photographie des plus belles, est tout à fait naturel. Tant bien qu’à son dénouement, on souhaite une décapitation rapide pour en finir. 

The Green Knight : 2,5/5

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