Action,  Critiques

Shooter tireur d’élite : un mélange de n’importe quoi

L’homme dopé à l’héroïne sort de son trou, et il ne manque pas à l’appel dans ce qu’on pourrait appeler un imbroglio où chaque élément de l’action est un prétexte à son avancée vers une route sinueuse.

Bob Lee Swagger, ancien sergent de l’armée américaine, est désormais exilé dans une maison loin de son ancienne vie, après un épisode douloureux auquel il a du faire face dans le passé. Après 3 ans d’exil, l’Etat américain a besoin de lui pour une mission dont lui seul semble être compétent. En acceptant la mission, il s’attire dans un complot dont il ne pouvait se douter.

Shooter tireur d’élite – Antoine Fuqua (2007)

Antoine Fuqua, réalisateur américain, connu notamment grâce à Training Day, nous propose en cette année 2007 le film d’action Shooter Tireur d’Elite, avec un casting qui tient la route dont les noms de Mark Wahlberg et Danny Glover font écho au public cinéphile. Autant ne pas tourner autour du pot, le long métrage est raté. Certes, l’action est possiblement au rendez-vous au premier plan. On pourrait déceler une intensité qui s’en découle, mais le grandiose retombe au vu des scènes invraisemblables qui se succèdent sans apporter aucun intérêt à l’oeuvre.

On nous présente le parfait archétype d’un ancien combattant de guerre qui n’a plus foi en son pays, et qui lors d’une occasion soudaine, décide de rempiler pour aider ce dernier, rien d’original et souvent déjà vu. Il est difficile pendant tout le long de la projection, de comprendre les motivations des protagonistes, et même après explications. Si celle de Bob Lee Swagger semble un peu surfaite, elle est toutefois acceptable. Pour les autres, nous n’avons aucun rattachement pour les comprendre un tant soit peu, notamment les « méchants » beaucoup trop mal exploités. Ceux le moins en vue des personnages, n’apportent rien au film, comme c’est le cas de Kate Mara, Rhona Mitra ou encore Rade Serbedzija, ou comment installer des éléments rajoutés inutilement.

Le scénario est trop brouillon pour qu’on arrive à rentrer complètement dans l’oeuvre de Fuqua, où on vadrouille entre différents endroits sans le moindre fil conducteur.

Si l’on peut trouver des qualités au film, on peut admettre que l’expérience d’un réalisateur ayant déjà fabriqué des scènes de guerre comme dans « Les larmes du Soleil » en 2003, permet la réussite des scènes où les snipers ont été utilisés. Pour un film nommé Shooter Tireur d’Elite, c’est le minimum. Le long métrage passe une surdose d’héroïne dans certains ralentis ou certaines séquences qui font du protagoniste principal un véritable surhomme, qui en devient vite lassant et ridicule.

Alors où nous mène tout ce bazar ? Ça y est, on croit apercevoir une certaine morale. Une critique du pays, de la justice américaine ou de la politique américaine ? Ceci est rapidement balayé en un coup de vent, si tant était l’intention d’une dénonciation, elle est ratée. Le défaut est de ne plus savoir où donner de la tête entre une justice présentée comme injuste mais n’allant pas jusqu’au bout de son discours (spoil : en relâchant Bob notamment), et une politique présentée comme manipulable ainsi qu’une Afrique victime d’atrocités semblant toutefois rester en surface, tant on ne se plonge pas une seconde dans l’affaire, utilisée comme un prétexte pour avoir quelque chose à justifier au film.

Shooter tireur d’élite : 1/5

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *