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Shazam! : la force d’Hercule et non de l’Humour

Un super-héros charmant flingué par une intrigue bien en-dessous de lui et de ses pouvoirs. Shazam mériterait d’être mieux desservi.

L’industrie des super-héros bat son plein en cette année 2019. Mais avec le studio Marvel qui atomise le box-office de ses folles recettes financières depuis plusieurs années, difficile de se faire une place. C’est à Shazam! de tenter sa chance côté DC Univers qui exploite un héros qui n’avait jamais été vu auparavant dans une production cinématographique.

Shazam! – David F. Sandberg (2019)

Fort à parier qu’il impressionnera le public, le personnage dispose de 6 pouvoirs dont les origines remontent à la mythologie grecque : la sagesse de Salomon, la force d’Hercule, l’endurance d’Atlas, la foudre de Zeus, le courage d’Achille, la vitesse de Mercure. On se demanderait même si ce dernier n’est pas aussi éclatant que Superman.

La ligne directrice de DC se perd – on ne sait plus sur quel pied danser. Après l’échec Justice League, les studios semblaient avoir remis la main sur ses productions en livrant un Aquaman de qualité. Pourtant rebelotte. Shazam! peine à convaincre par son humour outrancier qui n’est autre que le résultat de cette origin story. Le héros a 15 ans et ça se sent. Au début, c’est drôle. A la fin, c’est le contraire de l’hilarité. David F. Sandberg, grand habitué des films d’horreurs s’engage dans l’univers super-héroïque beaucoup plus soft et par ce fait problématique pour ceux qui ne cessent de ressasser les vieilles heures de gloire du sombre The Dark Knight de Christopher Nolan. On comprend bien que les origines du héros Shazam font qu’inévitablement l’atmosphère sera gentillette. Mais ils s’entichent de telles bassesses, de ce qui n’est plus acceptable en terme d’antagoniste en 2019, c’est à dire un vilain aux intentions cruellement vides qui est si risible qu’on ne peut être que circonspect devant l’action projetée. Seules les créatures des ténèbres peuvent parvenir à nous terrifier lorsqu’elles sont utilisées à d’autres fins que de simples plots, hélas c’est le cas de la quasi totalité du long métrage.

On nous façonne une nouvelle fois les mêmes codes de super-héros de sa fondation à son dénouement : un jeune garçon seul abandonné par sa mère qui deviendra un héros et trouvera dans sa nouvelle famille le soutien qu’il avait finalement besoin pour s’épanouir. De l’autre côté, un méchant dont la ligne entre le bien et le mal s’est mal dessinée. Peu original dans toute sa façon de fonctionner, Shazam est pourtant un héros très attachant incarné avec brio par Zachary Levi auquel le costume lui va comme un gant qui préfère jouer les fanfarons auprès du public que de répondre de son vrai rôle de héros, qui sera au final la vraie quête du protagoniste.

Le nouveau DC Comics a des problèmes un peu partout finissant par rendre un rendu moyen entre des passages assez ridicules comme d’autres fonctionnant avec parcimonie dont ceux de la représentation de la famille d’accueil sont séduisants ou de l’apprentissage plutôt loufoque de ses pouvoirs, mais le reste ne donne jamais un poids à l’intrigue et ne l’élève pas à un stade alléchant qui reste trop plaisantin quand le temps se gâte. Peut-être qu’un développement dans le futur de Shazam pourrait être exploité d’une meilleure manière maintenant que celui-ci est installé. Mais cette adaptation manque cruellement de profondeur et d’ambition pour un héros aussi vigoureux et marque notre déception auprès d’un studio qui a tous les ingrédients pour créer son propre univers au cinéma. Quitte à jouer la carte de l’humour, allons se servir de ses pouvoirs démesurés et incompris par lui-même pour livrer une action de renom. Cruel potentiel.

Shazam! : 2,5/5

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