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Sans un bruit : Alien débarque sur Terre

Peut-on continuer à vivre alors que l’apocalypse a frappé la Terre ? Pour construire son havre de paix, cette famille mise en scène par John Krasinski devra faire face aux nouveaux dangers terrestres. Un film plein de suspens, et familial dans son discours.

Terre. Jour 99. Cela fait plus de 3 mois maintenant que des créatures ont envahi l’espace terrien. Les humains restants ont une consigne à respecter pour survivre sur cette planète devenue hostile : ne plus faire de bruit. C’est ce que s’emploie à faire une famille aux liens soudés, mais tout ne se passe pas comme prévu… Jour 472.

Sans un bruit – John Krasinski (2018)

John Krasinski, plus acteur que réalisateur, mais pas non plus novice en terme de réalisation notamment par la production d’épisodes de séries TV ou un long métrage “La Famille Hollar” qui n’est sorti qu’en VOD en France, s’essaye en cette année 2018 en ce qu’on pourrait qualifier de thriller horrifique. Alors “Sans un bruit”, vaut-il le détour ? Clairement, oui. Quelle belle réussite, et même quelle belle surprise. Krasinski, qui joue au passage un des rôles principaux du film, nous plonge dans un univers apocalyptique où la tâche de survie n’est pas des moindres, où faire un bruit peut être fatal pour votre vie.

Tout de suite, et à peine rentré dans le long métrage, on est pris au sérieux. L’ouverture se fait en quelques minutes, où l’on voit les seuls personnages qui nous intéresseront dans cette histoire, et ce qui est assez fort, c’est qu’en seulement quelques plans, on a déjà tout compris, on peut avancer. On sait comment sont les créatures, que faut-il faire et ne pas faire pour survivre, comment le monde a tourné, pas besoin d’en savoir plus et de rajouter des périples inutiles, tout est dit rapidement sans nous laisser de côté et nous perdre.

Tout est montré subtilement sans dialogues, où mêmes les protagonistes n’ont pas besoin de parler pour faire parler leur âme. Et oui, par de simples regards, par de simples visages, on sait ce qui les torture, ce qui les attriste, ce qui leur donne de l’espoir. Les acteurs portent le film de toute leur sensibilité, en passant d’Emily Blunt terrifiée mais rassurante qui est finalement au même plan que le reste de la famille, où chacun joue le rôle de héros, au père de famille joué par John Krasinski, mais aussi les enfants qui ne sont pas mauvais.

Alors on est effectivement pris par la mise en scène très juste, et de cette atmosphère si pesante pour quiconque aurait la malchance de se retrouver dans cette scène apocalyptique.

Une atmosphère, avec des personnages muets, où on s’attache à chaque bruit, chaque petit détail sans nul doute pas là par hasard, et qui ne bénéficie pas d’incohérences, comme ça aurait pu l’être, dans un film où justement on joue avec cette privation de parole, le son y est très important.

Alors, qu’est-ce qui marche dans Sans un bruit ? L’attachement aux personnages, en premier lieu. Malgré que l’on ne va pas ressentir des si grandes émotions qui vont nous arracher les larmes, on reste tout de même sensibles à ce qui se passe pour cette famille au combien soudé au fil du long métrage, dans une descente en enfer. La relation père-enfant, sur le rôle de la protection d’un enfant est touchant et on sent que John Krasinski y est rattaché. Sans un bruit, c’est aussi des rôles qui s’inversent, où chacun va sauver l’autre, de par son courage, ou juste son dialogue. Cette protection familiale dont parle l’oeuvre, est très bien racontée.

On peut dire qu’il y a deux parties : une où on situera les personnages dans un contexte, où on va les comprendre, les suivre, et on prend le temps de nous montrer chaque relation, chaque détail qui auront de l’importance pour la suite. Car la deuxième partie est beaucoup plus active si l’on peut dire, mêlant action et suspens où l’on sent clairement que le film s’inspire et reprend les codes du genre. Rien que par ses créatures, ressemblant de loin au très connu Alien, mais aussi au Démogorgon de Strangers Things, au fond toujours au plus proche de ce qu’on imagine comme étant un monstre venu d’ailleurs.

Mais aussi par une mise en scène qui pourrait faire penser tout simplement à Alien, et particulièrement Alien 3 sur une scène de confrontation entre Emily Blunt et l’Alien, ou à des schémas que l’on voit très souvent dans les films du même genre. On peut prendre aussi l’exemple de la scène où on se trouve dans le champ de maïs, qui fait penser étrangement à “Signes” de Shyamalan dont l’endroit est propice à ces situations. Cette tambouille marche complètement, et arrive à avoir sa propre identité. Ce qui est le plus choquant dans Sans un bruit, c’est la prise au sérieux de la situation. A des moments, on hésite pas à nous montrer des scènes vraiment sérieuses, sombres, glaçantes ou intrigantes. On ne se moque pas de nous, on est en plein dans le réel de la situation, et ça fonctionne immensément bien.

Si on peut nous pondre des œuvres comme celles-ci, qui sont autre chose qu’une simple survie horrifique, et qui installent une vraie histoire dans une ambiance où le suspens bat son plein, alors c’est un oui. Sans un bruit est une réussite, restant très terre à terre pour ne pas nous en donner inutilement plus que nécessaire, où l’histoire familiale sera au cœur de l’action, ne nous laissant aucun répit.

Sans un bruit : 4/5

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