Comédie,  Drame

Once Upon a Time… In Hollywood : Un hommage incontournable

Once Upon a Time… In Hollywood est bien plus qu’un simple hommage au cinéma hollywoodien et il ravira ceux qui sauront prendre à la volée toutes les références qu’il rassemble, tout autant qu’il ouvre une fenêtre sur ce monde aux plus amateurs.

Le film brosse un portrait sincère de toute la période des années 70, marquée par la montée des contre-cultures et le mouvement hippie torturés par la Guerre du Vietnam dont le point culminant fut le festival Woodstock, les westerns spaghettis, les voitures d’époque…  Le contexte prend une place tellement importante qu’on pourrait le considérer comme un personnage à part entière. Il a son charme et ses manies et nous hypnotise pour ne jamais le décrocher des yeux.

Tarantino s’offre un casting plus que grandiose et rien que pour ça, on ne peut être déçu du détour. Les personnages sont attachants et on se prend vite au quotidien de chacun qui, sans être déroutant, ne nous ennuie pas pour autant. Comment ne pas s’attacher à la Sharon Tate qui s’offre une place gratuite au cinéma et trépigne d’enthousiasme en visionnant le film dans lequel elle apparaît, au Rick Dalton qui a toujours eu des rôles de « méchant » mais laisse facilement couler quelques larmes à l’idée que sa carrière chute, au Cliff Booth qui, en grand cascadeur capable de s’opposer à Bruce Lee, se retrouve à faire les tâches pratiques de sa doublure ? Ironique, cocasse, décalé : l’humour dont s’imprègne l’intégralité du film est un régal et nombreux ont été les rires déployés dans la salle de cinéma, aussi connue pour les amplifier quand elle est bien remplie. On reconnait assez la touche de Tarantino tout en gardant un sentiment de nouveauté et l’absence de caméo témoigne peut-être d’un nouveau tournant.

Je reste très déçue par le personnage de Sharon Tate incarné par Margot Robbie qui, au-delà de mettre en avant encore sa beauté, fait preuve d’une extrême pauvreté à l’écran. Personnage pourtant rayonnant, elle ne décollera jamais de cette impression superficielle et peine à se faire valoir en tant que personnage principal. Son jeu d’acteur n’est pourtant pas en cause, mais le manque de profondeur me fait questionner toute l’intrigue avec Charles Manson à laquelle le duo Léonardo DiCaprio/Brad Pitt fait de l’ombre.

Et cela m’étonne de Tarantino de n’avoir pas plus creusé son personnage principal féminin, comme il l’avait fait auparavant, notamment avec Uma Thurman dans Pulp Fiction.

S’il y a une chose que j’étais persuadée à propos de ce film, c’est que Sharon Tate allait mourir. Mais si Tarantino a fait le choix de ne pas l’assassiner sauvagement (et finalement, je l’en remercie pour ça), pourquoi lui dépeindre un portrait si creux ? Pourquoi la garder si ce n’est pour ne même pas offrir une confrontation avec Rick Dalton digne de ce nom ? Je ne vois pas la pertinence de ce choix qui risque de tromper plus qu’autre chose ceux qui se sont aventurés dans ce film sans avoir le contexte historique en tête.

Lorsque les lumières se sont allumées, après pourtant 2h47 de film, je suis restée collée à mon siège. D’une parce que je n’ai pas vu le temps passer, et de deux parce que le film s’est transformé en uchronie sans ce que j’en ai le moindre doute. Trompée à attendre ce fameux meurtre, j’ai bien peur de m’être fait prendre au dépourvu par la fin, pourtant loin d’être pleine de rebondissements. Et c’est assez malin de la part de Tarantino qui témoigne aussi de sa volonté de rendre hommage à Sharon Tate en mettant de côté son destin tragique.

Dans un sens, j’ai l’impression qu’il a voulu changer le cours du passé. Peut-être que si le film se termine sur cette note plutôt douce (bien que précédée de la scène gore dont nous a habitué son réalisateur), c’est parce que c’est à nous d’imaginer un monde dans lequel Sharon Tate n’aurait pas été assassinée, ce qui a véritablement changé le cours de l’histoire.

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