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New York Melody : un vrai récital musical, et cinématographique

Pour son nouveau film, John Carney nous emmène à New York pour un hymne à travers la ville et ses acteurs, où la musique semble être l’échappatoire et le lien de la vie humaine.

Une jeune femme britannique débarque à New York, accompagnant son petit ami au commencement d’une carrière musicale. Le séjour tourne au cauchemar, quand ce dernier brise le cœur de la douce et rêveuse Gretta. De l’autre côté, Dan, un producteur, vient tout juste de se faire virer de son propre label, qu’il a créé des années plus tôt. Alcoolisme, problèmes familiaux, la vie n’est pas au beau fixe. Mais arrive le jour où Dan et la jeune musicienne se rencontre, un soir, dans un bar. Ensemble, ils vont préparer un projet commun : un album.

New York Melody – John Carney (2014)

Rythmé, le long métrage de John Carney s’avère être particulièrement bien construit. Pendant une grande partie de l’oeuvre, on se balade entre les différents personnages et différents temps de l’action. New York Melody ouvre le bal en posant la pièce centrale du film : Greta (Keira Knightley), puis c’est au tour de Dan (Mark Ruffalo) d’être présenté plus longuement pour arriver à la première rencontre de ces deux éléments phares, marquée par la chanson « A Step You Can’t Take Back »qui reviendra plus d’une fois faisant le lien de la rencontre comme la musique fait le lien entre tous les personnages. Dès qu’ils sont présentés, on revient sur la protagoniste principale pour mieux la décrire, pour mieux comprendre ses motivations. Greta est une jeune femme pas très sûre d’elle, constamment rattaché à son petit ami, sans pouvoir réellement s’émanciper elle-même. On ne retrouvera Dan que 20 grandes minutes plus tard. La grande réussite du long métrage est cette forme de cercle qui se referme, où la progression de la construction des personnages amène à la chanson, jouée dans un bar ce soir-là – ce schéma-là reviendra plus tard notamment pour introduire les musiciens du groupe -. En moins d’une heure, le réalisateur réussit à poser toutes les situations, tous les thèmes que va aborder New York Melody. A partir de là, le fil musical commence et place aux artistes.

Structure des personnages jusqu’à la rencontre => ordre du film
Structure des personnages jusqu’à la rencontre => ordre temporel

L’oeuvre nous emmène là où tous les amoureux de la Ville rêveraient d’aller : New York, sous toutes ses facettes (Chinatown, les berges, Central Park…) où toutes les prises de vues sont prises comme si nous y étions… Le réalisateur en fait une vraie carte postale animée. La séquence où les deux protagonistes errent à travers « The City that Never Sleeps », intimement liés à leurs écouteurs, en est un bel exemple et montre l’aspect « City Symphony » où la caméra s’arrête à des petites choses, à des personnes différentes, à travers leur lieu de vie.

Alors que Dan fait un discours sur ces « perles rares » de la vie reliées par la musique, la caméra s’arrête plusieurs fois sur des personnes n’ayant aucun rapport à proprement parler. La symbolique est forte, notamment quand celle-ci suit cet homme dans la rue de New York, juste devant les yeux de Dan et Greta. Il montre une union humaine à travers la société urbaine.

Pendant plus de 90 minutes, nous suivons des personnages très bien écrits, attachants, grâce aussi à une justesse de jeu de Keira Knightley et Mark Ruffalo. Quant aux seconds rôles, ils sont tout aussi agréables à voir, en particulier Steve, interprété par James Corden, et le groupe de musiciens les accompagnant dans ce projet d’album à travers la ville. Tout ce petit monde lié à la musique, dont la bande originale (marquant l’oeuvre de toute sa justesse) est finement interprétée par l’actrice principale, ou Adam Levine que l’on retrouve dans le rôle du petit ami de Greta.

New York Melody arrive à son terme, et les différentes situations précédemment exposées semblent parvenir à leur dénouement. On nous parle de solitude, d’un refuge dans la musique pour éloigner les problèmes, mais aussi de l’amour qu’il soit paternel ou conjugal. John Carney nous livre alors un vrai récital autant musical que cinématographique, pour le plus grand bonheur des amateurs de ces deux genres. Chapeau !

AJOUTS SPOILER

La relation entre les deux protagonistes principaux se développent jour après jour, jusqu’à arriver à un stade où on ne se demanderait pas si l’amour planerait dans l’air. Mais la solitude, qu’on retrouve dans le film par beaucoup de personnages, revient à la charge sur Greta, même après la réussite de son album, elle semble de nouveau seule lorsque Dan semble de retour avec son ancienne femme (image 1) ; ceci mêlé à ses problèmes de couple avec son ex-petit ami. Mais le dénouement final de cette situation semble s’ouvrir vers l’avenir pour la jeune femme, qui paraît libéré de ses soucis, dans les dernières images de la projection (image 2).

New York Melody : 4,5/5

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