Comédie,  Critiques

Les Nouvelles Aventures d’Aladin : un jugement injuste ?

Parfois, on juge trop vite. Parfois, on se fait un opinion faussé par la désapprobation d’un public. Puis on visionne l’objet jugé, et on se dit qu’il ne mérite pas autant de médisance.

Noël, un moment magique à passer en famille, sauf que Sam est animateur dans un magasin de grande distribution, avec son ami Khalid. Le soir du réveillon, il fait office de Père Noël pour le plus grand plaisir des enfants. Ce soir-là, il décide de raconter les aventures d’Aladin, connu de tous, un peu à sa façon.

Les Nouvelles Aventures d’Aladin – Arthur Benzaquen (2015)

Tout le monde connaît l’histoire d’Aladin, racontée dans le célèbre film d’animation par Disney. Il s’agit là en fait avec ce film, d’une relecture de ses aventures dans un second degré total. Sorti en 2015 dans les salles françaises, le long métrage proposé par Arthur Benzaquen rassemblera plus de trois millions de spectateurs. Pourtant, celui-ci est décrié totalement autant par les cinéphiles que par la presse. C’est donc avec une certaine appréhension qu’on se projette dans ce récit filmique.

Beaucoup font partis de ceux qui ne l’ont pas vu et qui se permettent de juger l’oeuvre, rien que par le jugement d’autrui ou par un certain dégoût vis à vis du casting principal. En effet, si Kev Adams est très populaire chez les jeunes, ce n’est pas la même affaire du côté du cinéma, et les longs métrages dans lesquels il a joué n’aide en rien. Cependant, il faut quelquefois se jeter à l’eau pour penser par nous-mêmes. Le film démarre et  on se demande vraiment dans quoi on s’est fourré. Il faut un certain temps pour s’adapter à l’humour proposé qui n’est que second degré et qui marche agréablement bien. Un humour qui se rapproche des comédies délirantes de la bande à James Franco et Seth Rogen outre-atlantique ou qui s’apparente aussi à un humour des “Nuls” dont pourtant aucun ne figure dedans.

On a un peu honte de rire, évidemment. Mais on rit. Notamment grâce à un casting qui a parfaitement compris l’humour abordé dans le film ; de Jean-Paul Rouve à Audrey Lamy, en passant par Michel Blanc ou encore Nader Boussandel et même le réalisateur qui occupe un des seconds rôles. Tous les gages et dialogues ridicules en deviennent hilarants et cette dose surréaliste, parodique au possible, donne de la fraîcheur au long métrage. Alors à n’en pas douter, cet humour ne parle pas à l’intégralité du public, sans doute quelquefois limite, gratuit avec des séquences un peu trop anachroniques, quand on repense aux scènes chantées et dansées qui n’ont pas la place dans ce genre. Il peut être vu comme bancal, et on peut être tellement stupéfait par la direction que prennent certaines séquences, en devenant absurdes par rapport à la base même d’Aladin.

Une histoire racontée par le personnage principal, et modifié par les enfants, qui donne cette certaine forme d’interactivité avec l’histoire, et qui apporte humour et bénéficie d’une fin qui rime avec sensibilité.

Ces coupures, entre l’univers oriental et le réel, montre toute l’imagination du personnage qui coud son récit, dont on décroche quelque peu à la toute fin, avec sa propre histoire et ses proches, donnant à l’oeuvre une dimension imaginative et changeable.

Cette oeuvre est une preuve qu’il ne faut pas juger les films par une bande annonce, par ce que l’on entend autour de nous, même si on est persuadé de la qualité ou non de l’oeuvre, qu’elle s’avère très mauvaise ou très surprenante. Au premier plan, vous y verrez Kev Adams et Vanessa Guide. Ce non-jeu, ce fait de mal jouer colle tout à fait avec l’humour du film, car il faut le dire, ils jouent plutôt mal, même si Vanessa Guide s’arrange au fil des minutes, pour Kev Adams, ça ne fait que confirmer son jeu. Oublions ceci, et concentrons-nous plutôt sur les seconds rôles, sur une qualité d’une réalisation qui s’arme d’une caméra qui tente des choses, et marrons-nous.

Les Nouvelles Aventures d’Aladin : 4/5

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