Comédie,  Critiques

Gentlemen cambrioleurs : fucking hell

Les studios en demandent toujours plus à propos des histoires de vols en tout genre, surtout quand ceux-ci sont réalisés par des sexagénaires. Après Braquage à l’ancienne, voici Gentlemen cambrioleurs.

Les films de braquages sont devenus avec le temps un genre à part entière du cinéma contemporain et bénéficient de toute sorte de mode d’emploi. Le plus reconnu étant celui opéré dans la trilogie Ocean’s : procéder à la présentation de chaque personnage faisant partie de la bande à suivre avant d’arriver au casse, ce qui fait une construction solide de l’équipe et de la suite à venir. Depuis quelques années, on a vu passer de nombreux longs métrages sur fond de braquage soit en recopiant ce modèle comme avait pu le faire le très bon Braquage à l’Italienne pour le meilleur, soit à adopter un style différent comme l’a fait Gentlemen cambrioleurs pour le pire.

Gentlemen cambrioleurs – James Marsh (2019)

Ce dernier raconte l’histoire d’une équipe de cambrioleurs qui braquera la salle des coffres de la Hatton Garden Safe Deposit Limited, qui en fera le plus grand casse de l’histoire judiciaire britannique. Une histoire basée sur des faits réels qui se sont passés en avril 2015. Incroyable mais vrai, ce récit ne pouvait qu’être adapté au cinéma.

James Marsh, réalisateur multi-récompensé, est à la manœuvre. Il dirige un casting qualitatif de Michael Caine à Tom Courtenay ou encore Jim Broadbent – la crème de l’acteur britannique pour un résultat très en-dessous de son potentiel malgré les talents précédemment nommés.

La première complication est la non-construction de l’équipe de braquage. Dans des films qui possèdent un grand nombre de protagonistes, on doit s’assurer que chacun d’entre eux s’installera dans l’action aussi proprement que possible. Hélas ils sont tous affectés d’un seul coup sans en connaître aucun profondément, faisant de cette équipe une masse loin d’être attachante en se demandant bien comment cet entourage peut prétendre à braquer une banque. Ce souci de construction amène à un autre problème : l’impression d’avoir à faire à des seniors parfaitement normaux menant leur petite vie tranquille. Ce qui en réalité n’est pas du tout le cas si l’on en croit leur casier judiciaire et leurs aspirations qui feraient d’eux un vrai gang et non pas une bande de papys désuets. Alors que le coup est préparé depuis deux ans, seules quelques scènes suffiront à passer à l’acte, pour permettre de développer la partie après-braquage qui ne vaut pas un sous.

Le film se contente de nous livrer un braquage extrêmement facile d’accès, semblant être à portée de tous dont la sécurité semble être inconnue à Londres. Deux soirs pour dévaliser les coffres sans moindre réel problème qui ne permet à aucun moment des rebondissements ou autre signe d’action qui nous changerait de ce rythme apathique. Un rythme qui continuera dans ce sens pendant près de 110 minutes sans jamais hausser le ton, même quand ils sont menacés d’être arrêtés.

Il n’y a aucune volonté de mise en scène qui alterne entre perfidie de tous les côtés et policiers muets, sans jamais se servir de l’intrigue (une seule fois au maximum) pour nous surprendre ou apporter une audace à ce long métrage bien plat. Si ça c’est un casse légendaire, rendormons-nous.

Gentlemen cambrioleurs souffre autant de sa pauvreté scénaristique que de ses dialogues remplis à tire-larigot de fuck off et fucking hell. Immédiatement oubliable comme l’a été le dernier James Marsh Le jour de mon retour.

Gentlemen cambrioleurs : 1,5/5

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