Animation,  Critiques

Astérix et les Indiens : changement de cap pour nos héros

Une nouvelle aventure, cette fois loin de la France, pour Astérix et ses compères, qui est à l’image de la plupart des précédents opus, assez simple mais tout de même efficace.

Toujours à la recherche de comment vaincre ces irréductibles gaulois, Jules César élabore le plan de kidnapper le druide Panoramix pour que la potion magique ne puisse pu venir en aide au village rebelle contre les assauts des romains. S’en suivent les aventures d’Astérix et Obélix au bout du monde, en faisant une halte chez les Indiens d’Amérique, et en laissant le village à la portée des envahisseurs.

Astérix et les Indiens – Gerhard Hahn (1995)

Nostalgique fut ce soir du 17 février 2019 où une chaîne de télévision décide de repasser l’un des films d’animations qui a marqué l’enfance d’une génération. Alors curieux de redécouvrir ce film de Gérard Hahn, on peut se laisser tenter en se rappelant des bons moments passés en famille devant ces aventures.

Le résultat est plutôt pas mal. Réalisé en 1995, on peut noter que l’esthétique est à double tranchant avec des images disons inégales à une époque où l’animation se renouvelle et se développe de plus en plus. D’un côté, il y a une vraie qualité des dessins concernant les paysages et l’environnement, très picturaux. Quand on regarde néanmoins les visages animés de nos personnages manquant de consistance, ça contraste fortement et nous laisse mi-figue mi-raisin. Le long-métrage concentre sa force sur une partition musicale réussie ; d’une bande originale collant parfaitement aux scènes animées, mais aussi grâce aux deux chansons qui sont sans doute les deux meilleures séquences. Une qui défend la multiculturalité et positive le vivre ensemble entre deux communautés, donne le ton à une belle sensibilité. La seconde crèvera le cœur des plus jeunes, qui se veut touchante et ferme l’épisode de cette Amérique découverte dont la note est intéressante : les gaulois ont donc découvert l’Amérique avant Christophe Colomb et ne sont pas venus les coloniser ; une belle leçon un peu facile mais notable qui résume ce petit village résistant. Cependant, ce qui manque cruellement au film, c’est qu’on manque de temps pour s’attacher réellement aux personnages, aux quelconques relations qui se créent en Amérique… finalement Astérix chez les Indiens passe un très court épisode au cœur de la population indienne mais réussit quand même à dépayser de l’endroit que l’on avait l’habitude de suivre dans les dernières aventures de nos héros. Ça fera rire les plus jeunes, l’action est au rendez-vous et c’est assez convaincant pour des personnes qui se fichent totalement que ce soit toujours trop facile. Evidemment, pas de réelle temporalité dans le film, des scènes qui poussent l’irréel à ses limites peut-être un peu trop abusives faisant retomber toujours nos personnages sur leurs pattes, mais n’est-ce pas toutes les fondations de cette bande-dessinée ? Sinon côté antagoniste, le sénateur est très réussi, il nous régale de sa petite folie.

Sympathique à suivre. On sort un peu de la zone de confort habituelle qu’on a l’habitude de voir dans les Astérix et Obélix, sans non plus réaliser un film grandement original. Cela a son charme et touchera le public plus jeune à coup sûr.

Astérix et les Indiens : 3/5

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