Critiques,  Fantastique

Alex, le destin d’un roi : le nouveau Arthur moderne

La légende arthurienne est un mythe si repris qu’il frôle l’overdose en le revisitant d’une manière enfantine presque inutilement dont les prouesses sont absentes.

Enfant de 12 ans, Alex va faire la découverte de l’épée d’Excalibur qui va changer son destin. Le monde est menacé par la maléfique Morgane et Alex se doit de constituer son équipe de chevaliers pour la contrer et devenir un héros comme l’était Arthur à une époque plus ancienne.

Alex, le destin d’un roi – Joe Cornish

Alex, le destin d’un roi est une version moderne du Roi Arthur destiné à un public très jeune qui va jusqu’à exclure l’adulte dans son action et écarte le spectateur plus âgé qui manque le rendez-vous d’un spectacle à l’esprit potache et loin d’être mémorable. Car si le film de Joe Cornish est bien ficelé grâce à une histoire connue de tous et mythique qui permet cette revisite à notre époque, celui-ci manque cruellement d’ambition et étonne au vu de son budget de près de soixante millions d’euros qui ne sont assurément pas partis du côté des acteurs livrant tout un chacun une prestation nauséabonde avec en prime un Merlin l’Enchanteur interprété par un Angus Imrie très décalé. Les inspirations encrées dans nos personnages qui sont un autre visage de figures iconiques tel Lancelot peinent à grandir en eux et en donnent une version ratée.

Une intrigue abracadabrante portée par des enfants livrés à eux-mêmes dans un contexte qui va rassembler les ennemis d’avant et devenir des véritables chevaliers soudés se défendant les uns les autres contre cette menace venant d’ailleurs. Le ton du film reste assez mièvre dans son contenu qui frôle par moment le dérisoire en rassemblant des événements déjà vus par milliers créant une overdose et tout est prévisible. En réinstallant le mythe d’Arthur dans la société moderne, Joe Cornish ne prend pas de gros risques puisque le temps s’arrête lors des batailles contre ce qu’on va appeler les chevaliers noirs et ne met jamais vraiment en relation le monde réel au danger qui le menace sauf par le biais des quatre enfants. Une aventure qui manque légèrement d’enjeux plus inquiétants. En effet, Morgane est très peu présente à l’écran si ce n’est pour murmurer ses aspirations de sa légitimité à Excalibur.

La venue d’un film britannique parlant d’alliance contre une menace de destruction du monde était proprement intéressante surtout qu’Alex, le destin d’un roi pense à faire un petit pied de nez au régime anglais et son Brexit qui serait le contraire de ce que met en place la légende d’Arthur, en tout cas on y a pensé.

Cette relecture moderne a quelques vertus morales et éducatives certes par moment énervantes mais présentes, la magie n’opère pas dans un fantastique chiatique. Le récit du film se trouve être très infantile mais pourra plaire au public très jeune qui ne s’attachera pas aux défauts ou incohérences d’une oeuvre bancale peu imposante mais se concentrera davantage sur nos héros que les enfants rêveraient sans aucun doute d’incarner et partager avec Alex une aventure mythique que l’on ne voit que dans les livres (et les films bien entendu) mais on se demande néanmoins si les jeunes ne demanderaient pas une partition plus épique et plus adulte que ce qu’on nous propose.

Alex, le destin d’un roi : 1,5/5

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